Le poids de la solitude par Joel Figari [ BienEtremag.com ]
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Le poids de la solitude par Joel Figari

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« Je me sens seul ». Qui n’a jamais ressenti cette impression ? Certes, le vingtième siècle nous a précipités dans une société hypertechnicienne, où les êtres humains semblent pris dans les rouages d’une grande machine socio-économique, organisée en réseau mondial.

Comme Charlot dans « Les temps modernes », nous nous laissons diriger par les rouages de cette machine bien huilée. Les campagnes reculent, la ville avance, avec ses foules en mouvement, toujours affairées au travail, au loisir ou à la survie. Comment donc serions-nous seuls ? Pourtant, qui n’a jamais ressenti de la solitude malgré la présence des autres ? Même dans les plus grandes villes, où l’on croise des centaines de personnes chaque jour. Même au milieu des collègues, qui nous parlent et auxquels nous répondons. Même dans nos loisirs, nos soirées dansantes, nos discussions avec nos amis, nos conversations familiales. Je parle aux autres, mais l’essentiel n’est jamais dit. Ou pire encore, je ne parviens pas à communiquer aux autres ce que je voudrais bien qu’ils sachent.

Parfois, je m’imagine qu’ils ne voudraient pas m’écouter. Mais parfois aussi, je sais bien, intérieurement, que je pourrais très bien leur parler, et qu’ils s’intéresseraient sans doute à ma situation malgré leur visage fermé. Peut-être qu’ils me parleraient eux aussi de leur solitude, et que nous serions seuls à deux. Le dialogue ouvrirait nos cœurs. Mais j’ai peur. Ou je n’ai pas le temps. Ou j’ai trop de soucis. Tout cela m’obsède, m’assiège, m’emprisonne. Je me tais, je reste chez moi, même quand je sors de chez moi. Mon imagination construit des murs. Je sais confusément qu’ils ne sont pas tous nécessaires, et pas tous réels, mais aucune occasion ne me pousse à les voir, pour les franchir. A la fin, je ne sais même plus pourquoi je suis seul dans mes pensées, dans mes souffrances, dans mon existence quotidienne. Je me sens tellement délaissé, que les forces me manquent pour envisager autre chose que cette situation. Voilà ce que l’on appelle la fatalité, le destin. Je regarde l’horoscope, ou les cartes de tarot, ou les résultats du loto, pour chercher des ouvertures dans mon destin. Mais la solitude peut-elle être rompue par ces paris incertains ?

Tout seul, je ne peux arriver à rien. Rencontrer des gens qui vivent une situation semblable à la mienne me montrerait que je ne suis pas seul, et que des solutions existent : pour partager des impressions, pour entamer des projets communs, pour s’entraider, pour échanger des biens et des services, pour me rendre utile et trouver un sens à ma vie. Mais rencontrer des gens très différents peut aussi m’enrichir. Le problème est de repérer le bon réseau, au lieu de souffrir d’être hors des réseaux ; puis il faut oser se dire que l’on a comme les autres quelque chose à apporter dans ce réseau : un savoir faire, un savoir, ou un savoir-être. La solitude est-elle vraiment due aux autres qui ne veulent pas de moi, ou à moi qui ne veux pas des autres ?

Si je crois vouloir aller vers les autres, peut-être devrais-je alors travailler sur ma façon de les aborder ? Quelle image vais-je leur donner, et surtout, qu’est-ce que je leur donne de moi, et que sont-ils prêts à recevoir ? Y voir clair n’est pas facile, et toute relation avec les autres, même celles qui échouent, sont des expériences qui peuvent m’y aider. Finalement, pour sortir de ma solitude, il faut que je me jette à l’eau, sans craindre de me noyer : même si je bois parfois la tasse, je constaterai que le corps humain flotte, et je finirai par savoir nager.

Consultant philosophe, il enseigne la philosophie depuis 1993 dans l’Académie de Grenoble, auprès de jeunes adultes (élèves de Terminale). Ce métier alimente son sens de la relation, de l’écoute (sujet d’un master de philosophie en 1995) et de la pédagogie ; il lui donne aussi l’occasion d’évaluer fréquemment les compétences (savoirs, savoir faire) et le savoir être des individus et des groupes, les projets d’études et de métiers, les chances d’implication et de réussite dans l’insertion professionnelle.

Parallèlement, il soutient un Doctorat sur « La philosophie pythagoricienne de la musique » en 2002 (Université de Paris IV Sorbonne), qui marque à la fois l’achèvement d’un cursus et le début de nouvelles recherches. Il s’intéresse de plus près au développement personnel, à la mobilité professionnelle et à l’utilisation des bilans de compétences et du coaching pour la progression personnelle des individus. Il décide alors de créer son activité de consultant philosophe, avec un double volet : la consultation philosophique, le coaching. La consultation philosophique permet, soit de se former, soit d’utiliser la philosophie pour résoudre des problèmes professionnels ou personnels.

Le coaching proposé se fonde sur une philosophie humaniste, qui envisage l’être humain dans toute la complexité de sa situation, afin de l’accompagner dans sa démarche autonome de changement et de progression ; mais le coaching ne fait pas nécessairement appel aux savoirs et savoir faire philosophiques, il s’adresse donc aussi aux personnes qui veulent simplement ne pas s’enfermer dans une technique particulière de développement personnel. La matrice philosophique du coaching ainsi conçu lui permet de dépasser les grilles de lecture réductrices et de se mettre à l’écoute de soi-même pour mieux avancer dans sa vie. Les consultations proposées sont encadrées par une éthique de la relation humaine, qui entraîne un service sérieux et attentif, en face à face ou à distance.

http://www.j.figari.over-blog.fr

 


 

Par Joel Figari Date 07-10-2008


 
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